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Ce 15 mars 2017, à l’hotel Garden Places de Musanze(Rwanda), GVTC a organisé un atelier de deux jours sur le thème « Zéro braconnage ». L’objectif princial de cet atelier consiste à initier une approche de systématique afin d’éradiquer le braconnage dans le Paysage du Grand Virunga (PGV) et permettre aux parties prenantes de s’approprier le processus de « zéro braconnage ».
Le besoin de « zéro braconnage » avait été exprimé il y a deux ans lors d’une séance de travail au cours de laquelle les parties prenantes de la conservation venus de la RDC, du Rwanda, et de l’Ouganda avaient souhaité voir le Paysage du Grand Virunga (PGV) libéré de tout braconnage d’ici 2024.
Selon l’expérience du Nepal et l’avis des experts internationaux, « zéro braconnage » est atteint lorsqu’il n’y a plus de traces détectables d’activités de braconnage dans le paysage au terme d’une période donnée et lorsqu’il n’y a plus d’impact perceptible sur les espèses pour récuperer et maintenir l’augmentation d’une population (d’espèces).
Les participants à cet atelier de deux jours organisé par GVTC sur « zéro braconnage » proviennent des organisations de conservation de la RDC, du Rwanda et de l’Ouganda, personnel de GVTC et des membres de la délégation de l’Ambassade des Pays-Bas à Kigali, principal donateur des programmes de GVTC dans le PGV. Cette délégation, conduite par Mr. Peter Drost, le Chef de la Coopération au Développement, s’est jointe à l’atelier afin d’apprendre comment les trois pays interagissent quant à l’élaboration de quelques stratégies régionales ou l’harmonisation des lois, des règles et régulations sur la lutte contre les crimes envers la faune et la flore dans le PGV.
Les mots de bienvenu ont été prononcés par Mr. Fidèle Ruzigandekwe, Secrétaire Exécutif Adjoint de GVTC en charge des Programmes, qui a rappelé que ce mois, GVTC venait d’organiser un autre atelier à Entebbe sur l’harmonisation des lois, des régulations et politiques de lutte contre les crimes envers la faune et la flore dans le PGV. Les résultats de cet atelier, appuyant les études antérieures menées par GVTC sur ce domaine, et soutenus par les recommandations qui seront élaborées pendant l’atelier « zéro braconnage » sont des piliers-clés susceptibles de contribuer à l’amélioration de la conservation dans le PGV pour le bien-être des populations des pays membres de GVTC, à savoir la RDC, le Rwanda et l’Ouganda. Mr Fidèle Ruzigandekwe a également mentionné que, pendant l’atelier « zéro braconnage », le Rapport Annuel sur l’etat de la conservation dans le PGV sera présenté aux participants afin d’alimenter le débat et recueillir leurs recommandations, dans le but de consolider l’autre rapport annuel de 2016, attendu d’ici juin 2017.
Dans son exposé, Mr. Andrew McVey, de WWF (Nairobi-Kenya), a relevé que l’approche zéro braconnage n’est pas en fait cette ambition d’atteindre « zéro braconnage » comme l’indique le titre, mais plutôt une stratégie consistant à amener les peuples ensemble pour qu’ils collaborent, en impliquant les membres de la communauté qui se doivent d’appuyer les initiatives et stratégies élaborées pour sévir contre le braconnage dans le PGV. L’arrêt du braconnage est effectivement difficile à atteindre mais sa stratégie peut s’avérer un succès lorsque les populations sont sensibilisées sur l’impact combien négatif des crimes envers la faune et la flore et une fois qu’elles ont entrepris de travailler ensemble pour soutenir les efforts et initiatives de conservation.
Mr. Andrew McVey a donné l’exemple de l’Afrique du Sud où quelques politiques de conservation avaient été élaborées afin de sévir contre le braconnage perpétré contre certaines espèces menacées de disparition, et où les indicateurs montrent actuellement des résultats significatifs, bien que le pays ne soit pas en mesure de célébrer les résultats atteints dans ce domaine. A cet effet, l’approche « zéro braconnage » devrait être compris non pas comme une affaire privée de PGV dès lors que des organisations de conservation y sont impliquées et dans cette perspective, WWW est à pied d’œuvre avec d’autres organisations régionales et internationales pour réduire ou éradiquer le braconnage. Mr Andrew McVey a rappelé l’importance de la stratégie « zéro braconnage » qui devrait prendre en compte l’évaluation des outils existants de sorte que les organisations de conservation soient à même de connaitre ce qui est en train d’être fait exactement et de quelle manière cela est fait.
Il est en effet admis que l’approche « zéro braconnage » devrait avoir pour appui les six piliers dont (1) la conduite d’une évaluation régulière de l’efficacité ; (2) l’usage de meilleurs outils disponibles dont les technologies ; (3) l’augmentation de l’efficacité des staffs de terrain pour protéger la faune et la flore ; (4)l’engagement des communautés locales ; (5) l’amélioration des approches d’investigation ou de poursuite ; et (6) le partage d’information au niveau régional et national en termes de coopération.
Il existe plusieurs facteurs-clés qui peuvent féconder positivement la stratégie « zéro braconnage » et parmi eux figure l’implication des communautés vivant le long des aires protégées et qui devraient cesser de considerer ces dernieres comme leurs « ennemis ». Selon Russel Mittermeier, Primatologue, « En protégeant les forêts tropicales qui subsistent dans le monde, nous sauvons les primates et les autres espèces en danger tout en évitant que davantage de dioxyde de carbone n’entre dans l’atmosphère et ne réchauffe le climat ». C’est dans cette optique que le Directeur de l’UNESCO, K. Mastura, a martelé que toutes les espèces qui habitent ces forêts « sont partout une ressource vitale pour les humains, et pour les populations locales elles constituent une source essentielle de nourriture, d’eau, de médicaments autant qu’un lieu doté d’une valeur spirituelle, culturelle et économique »
Dans certaines zones de conservation, l’interaction entre humain et animal est source de conflit et la réduction du braconnage doit être soutenue par des interventions susceptibles de permettre aux populations vivant le long des parcs d’avoir accès aux ressources naturelles alternatives pour leur subsistance. C’est ainsi qu’une visite de terrain a été combinée avec l’atelier « zéro braconnage » afin de comprendre les interventions mises en œuvre par GVTC sur le terrain, avec l’aide des quelques organisation de mise en œuvre, le long du Parc National des Volcans (Rwanda) aussi bien qu’au Parc National de Virunga (RDC), à travers les fonds reçus de l’Ambassade du Royaume des Pays-Bas au Rwanda.
GVTC Communication Service